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Jumat, 07 Februari 2020

L'Institut Benjamenta (Jakob von Gunten)

Category: Livres,Romans et littérature,Autres littératures étrangères

L'Institut Benjamenta (Jakob von Gunten) Details

"Nous apprenons très peu ici, on manque de personnel enseignant, et nous autres, garçons de l'Institut Benjamenta, nous n'arriverons à rien, c'est-à-dire que nous serons plus tard des gens très humbles et subalternes". Dès la première phrase, le ton est donné. Jacob von Gunten a quitté sa famille pour entrer de son plein gré dans ce pensionnat où l'on n'apprend qu'une chose : obéir sans discuter. C'est une discipline du corps et de l'âme qui lui procure de curieux plaisirs : être réduit à zéro tout en enfreignant le sacro-saint règlement. Jacob décrit ses condisciples, sort en ville, observe le directeur autoritaire, brutal, et sa sour Lise, la douceur même. Tout ce qu'il voit nourrit ses réflexions et ses rêveries, tandis que l'Institut Benjamenta perd lentement les qualités qui faisaient son renom et s'achemine vers le drame. "L'expérience réelle et la fantasmagorie sont ici dans un rapport poétique qui fait invinciblement penser à Kafka, dont on peut dire qu'il n'eût pas été tout à fait lui-même si Walser ne l'eût précédé", écrit Marthe Robert dans sa très belle préface où elle range l'écrivain, à juste titre, parmi les plus grands.

Reviews

Je me relis et je trouve ce commentaire un peu long et parti dans tous les sens, c??est que le livre ne PEUT nous laisser indifférent !Un livre et un ton tellement étrange, à la fois passionné et distant.Une écriture presque froide mais passionnée aussi, pleine d??humour, de dérision?« Je serai toujours capable de m??échauffer, car rien de personnel ni d??égoïste ne m??empêchera jamais de me passionner, de m??enflammer, d??éprouver de la sympathie. Comme je suis heureux de n??avoir rien découvert en moi qui fût estimable ou curieux ! ?tre insignifiant et le rester. »Cet univers, on le lit partout, est proche effectivement de celui de Kafka. Il me fait souvenir aussi de la Faim de Knut Hamsun. C??est un monde sans espoir de salut, qui se résume à des choses sans importance?Des descriptions, mais on en sait si peu sur ses camarades et la pension en général.La soeur même du directeur, apparemment si douce, belle fée, devient par le silence de son énigme, inquiétante?On s??approche de l??absurde de la condition humaine. Seule compte juste la parole. Et découvrir le pauvre secret de l??appartement du directeur !Une parole qui se contredit d??une phrase à l??autre. Il y a du masochisme à ne vouloir plus être rien, à accepter (alors qu??on est d??une lignée aristocrate) à ne vouloir que servir, être d??une condition inférieure?Et si la critique d??un milieu factice, artificiel, était sous ??entendue ?Devenir anonyme en oubliant ses racines ? Certes?mais qu??a-t-on à gagner à devenir RIEN si ce n??est pour devenir autre chose ?Le lecteur dérouté regarde ce gâchis des qualités du narrateur avec inquiétude, et incompréhension ; l??auteur ne l??aide pas à y voir plus clair. « L??enseignement qui nous est donné consiste ici principalement à nous inculquer l??obéissance et la patience, deux qualités qui promettent peu de succès, voire pas du tout. Des succès intérieurs, certes. Mais quel profit tire-t-on de ceux-là ? »Mais alors, nous ??mêmes ? Pourquoi prenons-nous plaisir à voir ainsi un jeune se vautrer dans l??inconsistance ?Ce livre est vraiment intéressant et singulier ; il se lit avec facilité, mais les questions se lèvent au fur et à mesure des pages : pourquoi le narrateur s??auto- détruit- il ainsi en s??acheminant vers on ne sait quoi d??insignifiant ?Florilège d??extraits :« Ere sauvage, c??est toujours être à moitié fou »(page 44)« D??une façon générale, je n??ai pas envie d??être aimé ni désiré » (page 51)«(...) ce que je ne souhaite pas, tout en le souhaitant malgré tout » (page 64) «Mon dieu, il m'arrive parfois de ressentir tout mon séjour ici comme un rêve incompréhensible.» «Notre enseignement comporte deux parties, l'une théorique, l'autre pratique. mais aujourd'hui encore, ces deux sections m'apparaissent comme un rêve, comme un conte de fées absurde et plein de sens tout à la fois.»*Toujours et encore les oppositions et les questionnements :«Suis-je dans une maison des morts ou dans un palais de célestes délices?»« Reverrai-je jamais un sapin de montagne ? Ce ne serait d??ailleurs pas un bien grand malheur. Se passer de quelque chose : cela aussi a de l??odeur et de la sève. »

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